Écoute
CINÉMA, THÉÂTRE, ENFANTS, AUTRES, ce sont les 4 grandes familles de mes compositions.
Il faut bien les distinguer, car les moyens utilisés, les buts poursuivis, le public auquel elles s'adressent, tout est différent.
La plupart du temps, je ne dispose pas d'un budget suffisant pour faire jouer des musiciens. La musique vivante coûte cher...
Les musiques que j'interprète et que je mixe peuvent se suffire à elles-même ; cela me prive juste du bonheur de donner à d'autres sensibilités musicales l'occasion de s'exprimer. La musique est aussi un acte collectif.
Composer pour le cinéma,
devenir Ennio Morricone, Georges Delerue, John Williams : voilà un rêve bien peu raisonnable pour un jeune compositeur. L'espace accordé par l'image à la musique est vaste comme les plaines du Far-West !
Il m'a fallu éprouver mes outils sur des courts-métrages, avant d'arriver au long. Car le cinéma est aussi une industrie, avec ses budgets à tenir, ses rétro-plannings, ses services commerciaux ; bien loin du quotidien d'un compositeur par essence solitaire.
Ceux qui ont, ou auront, la chance de participer à la construction d'un "film de cinéma" seront sûrement frappés comme je l'ai été par l'extraordinaire réunion d'humains, de savoir-faire, d'amour de l'Art, de puissance de travail, qu'on rencontre sur un 'plateau'. L'aventure vaut largement l'énorme investissement de temps qu'on doit y consacrer !
Écouter Cinéma
Composer pour le théâtre,
j'adore ça ! On touche parfois à la magie, alors que tout n'est qu'illusion. Tous les corps de métiers artistiques s'y côtoient, dans le même temps, le même lieu. Les échanges sont constants et enrichissants, toujours nouveaux.
Comme, en plus des musiques originales, je m'occupe aussi des bruitages, j'aime mélanger les deux, musicaliser les bruits, et bruiter la musique.
La musique, au théâtre, c'est le non-dit, le non-vu, ce qui se passe à l'extérieur du cadre ; elle doit prendre sa juste place, et doit apporter autant aux comédiens qu'aux spectateurs.
Écouter Théâtre
Composer pour les enfants,
c'est une grosse part de responsabilité... Les enfants n'ont ni a priori ni inhibition. Ils n'ont pas encore dans la tête les petits tiroirs de la 'culture' et du 'bon goût'.
Je ne crois pas qu'une musique pour enfant doit être simpliste, sous prétexte que sans culture ils ne comprendraient pas un langage musical élaboré. Au contraire, je ressens les enfants comme friands de toutes les expériences musicales, à cette réserve près qu'il ne faut pas risquer d'abîmer leurs oreilles par un contenu trop agressif en terme de niveau sonore, ou de fréquences extrêmes.
Et je m'applique (je ne suis pas le seul) à leur proposer un langage, notamment harmonique, qui ne soit pas, disons les mots, nunuche, nounouille et bêtifiant !
Écouter Enfants
Et pour le reste...
... ce qui n'est ni cinéma, ni théâtre, ni enfants, est "Autres".
Un grand panier fourre-tout : le monde est vaste, le monde est avide de musique, la musique est avide de monde, la musique se plaît partout où elle peut s'inviter.
Dans ce fourre-tout, il y a des choses très sérieuses comme très futiles ; de la musique pour film d'entreprise à la musique pour une revue (avec les plumes et tout) il y a le même bonheur et le même travail pour le compositeur.
L'important est toujours d'y mettre son goût, sa jubilitation, son sens de de la musique et de l'humain.
Vaste programme...
Écouter Autres
Il m'est souvent difficile de faire écouter des musiques, tant celles-ci sont liées aux projets qui les utilisent. Je fais très peu de musique ex-nihilo, c'est un choix que je revendique, (mais que parfois aussi je regrette...).
Au début de ma carrière, je pensais qu'un compositeur devait savoir tout faire, savoir se balader avec aisance d'un style à l'autre, d'une époque à l'autre, d'une formation d'orchestre à un combo électrique. En tout cas, je prenais du plaisir à ce voyage, comme je prends du plaisir à écouter des musiques de tous temps et de toutes cultures.
Je crois dorénavant qu'à force de tout vouloir faire, on finit par risquer de se perdre !
J'aime avant tout élaborer des mélodies. Je compose souvent en chantant, et crois que la mélodie est le squelette de la musique, ou son épure ; l'équivalent musical du "trait" pour le dessin.
L'harmonie vient donner ensuite un sens secondaire à la mélodie, enrichir le trait en lui donnant structure et espace.
Enfin, l'orchestration, c'est la couleur, la pâte, la matière sonore.
C'est dans cet ordre que la plupart du temps je compose.
Enfin, parce que, si je connais mes forces, je connais aussi mes faiblesses, je cite souvent cette phrase d'Arthur Rubinstein, qui m'a frappé, par son mélange d'orgueil et d'humilité :
Beaucoup de pianistes jouent mieux que moi, mais aucun ne joue comme moi.